John Dodelande présente Lu Yang

John Dodelande, dirigeant chevronné, voue une passion dévorante pour l’art contemporain chinois. Il est devenu au cours des dix dernières années un collectionneur influent, qui se donne pour mission de faire découvrir au monde occidental les talents de la jeune génération chinoise, à l’instar de Lu Yang.

John Dodelande, passionné d’art contemporain chinois

Jeune entrepreneur et chef d’entreprise aguerri, John Dodelande a d’ores et déjà un riche parcours professionnel, avec des projets le menant parmi d’autres activités de l’immobilier à l’agriculture. Mais il affiche également une autre facette de sa personnalité : il est en effet passionné d’art contemporain chinois, devenant même un redoutable collectionneur depuis plus d’une dizaine d’années.

John Dodelande est ainsi particulièrement actif, toujours à la recherche des jeunes talents qui tendent à s’affranchir de l’héritage artistique de leurs aînés, dans une énergie propre à cette nouvelle génération. Par sa collection, il souhaite avant tout faire découvrir au public occidental les œuvres contemporaines des artistes chinois.

Il envisage par ailleurs de créer une base de données de référence de l’art contemporain chinois. Particuliers et professionnels pourront alors tout à leur aise découvrir les artistes chinois, leurs œuvres, comme celles de la talentueuse et parfois controversée Lu Yang.

Le parcours de Lu Yang

Lu Yang est née à Shanghai en 1984. Passionnée par l’art depuis son plus jeune âge, elle a choisi de faire ses études dans ce domaine. Elle a ainsi obtenu sa licence et sa maîtrise à l’Académie des arts de Chine à Hangzhou, dans le département des nouveaux médias dirigé par Zhang Peili, considéré comme le père de l’art vidéo en Chine.

Elle a par la suite obtenu des résidences au Musée d’art asiatique de Fukuoka au Japon et en 2013 au SymbioticA Lab. de l’Université d’Australie occidentale à Perth.

L’artiste se nourrit de rencontres et n’hésite pas à faire appel à des artistes de divers horizons pour apporter une autre dimension à son art : interprètes, designers, compositeurs expérimentaux, musiciens…

Entrez dans l’univers spécifique de Lu Yang

« Je suis attirée par beaucoup de choses différentes, et j’aime les combiner dans les pièces que je réalise, même si normalement elles ne devraient pas s’associer les unes aux autres. J’aime le sentiment de liberté que cela me procure ». Les œuvres de Lu Yang sont souvent qualifiées de « bruyantes », « repoussant les limites », « audacieuses »…

L’artiste aime les couleurs criardes, la musique techno frénétique, sous fond de culture pop et de mangas… Un mélange détonnant qui peut de prime abord paraître léger.

Pourtant Lu Yang aborde des thèmes essentiels, comme la mort, le corps humain, la sexualité, l’identité sexuelle plus précisément, la science, la maladie mentale, la religion… Autant de sujets qui font écho aux problématiques de la société chinoise. Mais pour autant, Lu Yang tient à mettre les choses au clair, en précisant qu’elle est loin d’être engagée politiquement.

Quand on lui demande d’où lui vient son inspiration, Yang explique que ses œuvres « sont une extension de ce qui me définit en tant que personne. Je ne sépare pas vraiment mon travail de ma vie privée. Tout ce que je crée est pour moi. Je n’ai pas d’autre spectateur à l’esprit ».

Les nouvelles technologies au service de Lu Yang

Même si Lu yang n’a pas franchement d’étiquette et n’apparaît à aucun courant, elle pourrait se définir comme une artiste multimédia. Presque un euphémisme quand on aperçoit ses projets immersifs qui prennent vie grâce au numérique.

La singularité de Lu Yang réside en effet dans l’utilisation de la technologie pour donner une autre dimension à son art : vidéos, installations, animations, jeux, animation 3D, peinture numérique, hologrammes, néons… Mais là encore, l’artiste pose le cadre : « Je ne suis pas une artiste des nouveaux médias, ni une artiste post-internet. Je n’intègre la technologie dans mon travail que si elle améliore mes idées et si elle s’accorde avec elles. Mais au-delà, elle ne m’intéresse pas ». Quant à la réalité augmentée, elle partage son avis : « C’est une technologie très simple, je ne pense pas que ce soit un nouveau média. Mais si vous l’utilisez de manière originale, il y a des idées intéressantes à l’intérieur ».

Les œuvres de Lu Yang

Être face à une œuvre de Lu Yang ne laisse pas indifférent. Son univers au premier regard peut sembler fun, coloré, léger, et pourtant, vous êtes rapidement envahi par un sentiment incongru de gêne voire de malaise quand vous prenez conscience du message véhiculé.

On peut ainsi citer « Uterus Man » où un super-héro réalisé de manière grotesque monte sur un chariot ayant la forme d’un bassin humain. Il mange alors du placenta pour se muscler et fait du skateboard sur une serviette hygiénique ailée.

Avec « Delusional Crime and Punishment » (2016), Lu Yang met en avant les symboles de la religion ainsi que certaines mythologies. Elle se représente elle-même, en image de synthèse 3D, avec un visage étiqueté « Made by God ». Elle est ensuite torturée, traînée en enfer, un lieu semble-t-il incontournable, de par notre propension à être attiré par le péché…

Mais c’est avec « Encephalon Heaven », « Moving Gods » ou encore « Delusional Mandala » que Lu Yang a marqué les esprits dans le monde entier au cours de diverses expositions et biennales. Science, technologie, spiritualité, genre humain… L’artiste nous offre sa vision criante de la société actuelle.